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Liban : le lourd tribut payé par les enfants à la guerre

Genève/Beyrouth, le 28 février 2024 – « Je m’adresse à vous ce matin depuis Beyrouth pour vous faire part des conclusions alarmantes de la nouvelle enquête de l’UNICEF que nous avons menée en janvier 2025, à l’issue de plus d’un an de guerre et de bombardements.

L’évaluation rapide axée sur l’enfant (CfRA) révèle le lourd tribut payé par les enfants libanais en raison de la guerre : l’effondrement de leurs systèmes de soutien, l’escalade des risques d’exploitation ainsi que les profonds traumatismes psychologiques.

Permettez-moi de partager certaines des conclusions de cette évaluation :

L’étude a mis en lumière une situation nutritionnelle alarmante chez les enfants, en particulier dans les gouvernorats de Baalbeck et de la Bekaa, où la population est restée très dense et a été la cible de nombreuses frappes aériennes. Dans ces régions de l’est du Liban, plus de la moitié (51 %) des enfants de moins de 2 ans souffrent d’une grave pauvreté alimentaire, soit plus du double du nombre enregistré il y a un an.

Près de 72 % des parents ont déclaré que leurs enfants étaient anxieux ou nerveux lors de la guerre. Tandis que 62 % ont déclaré qu’ils étaient déprimés ou tristes.

Il est peut-être important à ce stade de rappeler quelques éléments de contexte : les hostilités au Liban se sont fortement intensifiées en septembre 2024 après 11 mois de bombardements transfrontaliers. Au lendemain de la déclaration de cessez-le-feu en novembre, plus de 310 enfants avaient été tués et plus de 1 500 blessés.

Le conflit a également aggravé la situation déjà fragile du système éducatif du Liban, qui a souffert d’années de troubles économiques, de grèves des enseignants et de l’impact de la COVID-19. Aujourd’hui, un demi-million d’enfants ne sont toujours pas scolarisés. Même depuis le cessez-le-feu, la scolarisation reste faible. Un enfant sur quatre (25 %) n’était toujours pas scolarisé au moment de l’enquête. Les écoles ont été détruites ou fortement endommagées pendant la guerre et des centaines d’autres ont été utilisées comme abris afin d’accueillir une partie des 1,3 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison du conflit.

L’enquête montre également que :

  • Près de 80 % des foyers ont un besoin urgent de soutien.
  • Près de 50 % des ménages interrogés ont été contraints de réduire leurs dépenses de santé et 30 % leurs dépenses d’éducation pour pouvoir subvenir à leurs besoins essentiels.
  • 31 % des ménages n’étaient pas suffisamment approvisionnés en eau potable, ce qui les exposait à des risques de maladie.
  • 33 % des ménages n’avaient pas accès aux médicaments dont leurs enfants avaient besoin.
  • 22 % des ménages n’avaient pas de source de chauffage pour l’hiver.

Tandis que la situation humanitaire s’aggrave, et que de plus en plus d’enfants souffrent de la faim, certains sont contraints de travailler dès l’âge de 5 ans, et les mariages précoces, en particulier chez les filles, se multiplient, au moment même où les financements des donateurs diminuent. Malgré les crises multiples et continues, l’UNICEF Liban a connu une forte baisse de ses financements humanitaires depuis 2023. Notre appel de fonds pour 2025 n’est financé qu’à hauteur de 26 %.

Il est essentiel de noter que les données du rapport ont été recueillies début janvier 2025, au moment même où plusieurs gouvernements ont annoncé de nouvelles coupures budgétaires dans leur aide au développement. La réalité de nombreux enfants est donc bien plus sombre que ne le suggèrent ces données. Un demi-million d’enfants et leurs familles risquent par exemple de perdre le soutien financier vital des agences des Nations unies.

Ces coupes budgétaires vont priver les populations les plus vulnérables de leurs dernières ressources, les laissant dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins les plus vitaux et les plongeant encore plus profondément dans le désespoir. »